? Je ne tolérerai plus le moindre dérapage. Quiconque tentera d’entraver cette transition sera traité comme un ennemi, au sens militaire du terme. ? C’est en ces termes, confiés à Jeune Afrique en janvier 2009, quelques semaines après son coup d’Etat du 22 décembre 2008 à la mort de Lansana Conté, que le nouveau ? Mangué ? (? chef ? en langue soussou) et capitaine Moussa Dadis Camara parlait de ses opposants. Pas étonnant, donc, qu’une manifestation ? anti Dadis ? organisée le 28 septembre à Conakry ait été réprimée dans le sang (entre 150 et 180 morts, beaucoup des corps, ? introuvables ?, n’ont toujours pas été remis aux familles).
Pas étonnant non plus, le mécontentement de la population dans ce pays où Lansana Conté avait érigé le clientélisme et le népotisme au sommet de la crapulerie. A l’origine donc, la prise de pouvoir par Camara et l’armée devait permettre une transition vers des élections ? libres et démocratiques ?, et le capitaine Camara la justifiait, arguant que les personnes au pouvoir étaient incapables ? d’enrayer la descente aux enfers de notre pays ?. En effet, indépendante depuis 1958, la Guinée-Conakry n’a jamais été un pays démocratique et stable, de Sékou Touré à aujourd’hui.
Kadiatou, Guinéenne d’origine, vit à Aubervilliers. Elle se rappelle de son dernier séjour en Guinée, en 2008, quelques mois avant le décès de Lansana Conté. Le pays vivait alors dans une sorte d’anarchie : ? Le pouvoir était présent seulement à travers les militaires dans la rue qui imposaient comme ils le font aujourd’hui leurs propres lois. La police est, là-bas, inexistante. ?
En 2008, le Mangué Conté était très gravement malade et cela depuis un bon moment déjà, il ne contr?lait semble-t-il plus rien dans le pays mais s’accrochait encore à son tr?ne. ? En réalité c’était son clan, sa famille, qui géraient les affaires ?, dit Kadiatou. L’insécurité est est une plaie quotidienne : ? Il y a des braquages au domicile des gens à visage découvert et en plein jour, témoigne Kadiatou. Même quand tu prends le taxi, c’est chaud, car ils sont de mèche avec les bandits. Mon oncle s’est fait enlever deux fois pour te dire ! ?
C’est avec amertume qu’elle nous parle de son pays, dont elle souhaite qu’il sorte de ce cercle vicieux. Pour faire entendre son mécontentement, elle a participé à un rassemblement devant l’ambassade de Guinée, à Paris, samedi 3 octobre. ? Les gens prenaient la parole pour dire des choses qu’on savait déjà, je n’ai pas trouvé cette manifestation vraiment enrichissante. ? Pour Kadiatou, il faut faire plus que montrer son mécontentement : ? Le jour où on pourra s’en sortir, ce sera lorsqu’il n’y aura plus de dictature et plus de corruption. Il y a tellement de ressources en Guinée et c’est un pays tellement beau ! Non, vraiment, on se fait de la tune sur le dos des Guinéens… ?
montres breitling
No comments:
Post a Comment